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De nombreuses études scientifiques confirment que l'activité physique régulière a un effet positif sur l'humeur, comparable dans certains cas à celui de traitements légers pour les dépressions d'intensité modérée. L'exercice stimule la production d'endorphines et de sérotonine, des substances impliquées dans la régulation du bien-être, tout en réduisant le taux de cortisol, l'hormone du stress.
Bouger régulièrement améliore également la qualité du sommeil, augmente l'estime de soi à travers la maîtrise progressive de nouvelles capacités physiques, et procure un sentiment d'accomplissement, souvent absent chez les personnes dépressives qui ont perdu le goût de l'action. L'activité physique agit donc à la fois sur le corps et sur l'esprit.
Attention toutefois à ne pas transformer cette recommandation en injonction supplémentaire. Se fixer des objectifs sportifs trop ambitieux quand on traverse une dépression peut renforcer le sentiment d'échec si l'on n'arrive pas à les tenir. L'idée n'est pas de "faire du sport" au sens compétitif, mais simplement de bouger, à son rythme.
Une marche de dix minutes autour du pâté de maisons, quelques mouvements d'étirement au réveil, du jardinage ou même monter les escaliers plutôt que prendre l'ascenseur constituent déjà des débuts précieux. L'essentiel est la régularité plutôt que l'intensité : mieux vaut quinze minutes chaque jour qu'une heure une fois par semaine.
Pratiquer une activité en extérieur, à la lumière naturelle, ou en groupe, ajoute des bénéfices supplémentaires en combinant les effets positifs du mouvement, de la lumière et du lien social. Des activités douces comme le yoga, la marche ou la natation sont souvent recommandées en première approche.
L'activité physique ne remplace en aucun cas un accompagnement thérapeutique ou un traitement médical lorsqu'ils sont nécessaires. Elle constitue en revanche un excellent complément, qui peut être intégré au plan de soin proposé par un thérapeute. Certains professionnels encouragent d'ailleurs activement leurs patients à inclure une activité physique adaptée dans leur parcours de rétablissement.
Pour de nombreuses personnes en dépression, reprendre contact avec son corps par le mouvement représente une étape symbolique importante : celle de reprendre progressivement possession de sa vie et de ses capacités d'action, un pas après l'autre, sans pression ni jugement.